4 Ou est mon pere

Recherche

du père 

Pas une seule personne de ma famille , m’a affranchi pour m’expliquer que Firmin MENOUD n’était pas mon père .

Ni que mon père était Pierre FOUGEROUX . C’est incroyable ! Pas un seul courageux pour dire la vérité . Pas un seul qui soit

capable de comprendre qu’il ne faut pas mentir à un enfant . Ne parlons pas des sévices qui auraient pu me couter la vie . Je pouvai avoir toutes les maladies du monde ,jamais on appelai le médecin . Sauf une fois au bout d’une semaine , ou aprés un empoisonnement

il a fallut m’envoyer d’urgence à l’hopital . C’est la seule fois ou j’ai vu un médecin . Sinon c’était l’automédication et pour le mal au ventre

du charbon en granulé . En tombant je me suis ouvert le genou droit . Alors que j’ai fait un épenchement de cinovie ,j’ai eu droit à un pensement . C’est tout ! Je viens de demander à ma mère pourquoi je n’avais droit à aucun soin ? Elle m’as répondu  » la consigne c’est marche ou créve  » . Depuis je marche mal , la jambe s’est déformée et j’ai des douleurs aux genoux .

Donc cette famille criminelle , aveugle ne voyait pas que j’étai pas soigné , que je mangai pas à ma faim . Alors que c’ était tous les jours le même menu . Salade de riz à midi . Salade de pomme de terres le soir . Que j’etai sale et mal habillé . N’ayant aucun vetement de rechange . Que je n’avai droit qu’aux brimades et aucune affection . Jamais de jouets ou de livre . Quand il y avait cinéma avec l’école je

n’avait pas les 1 francs . Donc je restai en classe tout seul . 

Ces gens qui ne voient rien et n’expliquent rien sont ma famille ? des êtres humains ?

Avant d’être mis à la rue à 13 ans , j’ai dit au bourreau  » c’est pas possible , tu n’es pas mon père !  » Il m’as repondu

 » vas le voir ton père ,il vas te nourrire  » .  L’idée a germée que j’avai un autre pére . Des années aprés les seules et uniques informations

que ces crétins m’ont données c’est  » il s’appelle Pierre FOUGEROUX , et travaille dans l’administration pénitenciére .

Mon grand père ,  prétentieux ridicule me dit  » c’est un poseur  » .  Il se voyait dans un miroir . Voilà comment on m’aide à avancer dans la vie  . Un jour je décide de le retrouver .

go.gif

111.gif111.gif111.gif111.gif111.gif111.gif111.gif

bonnejournee172.gif  

 Recherche du père

 

Le 4 Mars 1945 maître RAOUL David, écrit à ma grand-mère, une femme admirable  

barre49.gif

 040345.jpg32.gif

barre49.gif

 Madame                                                                                            Je confie à ma femme le soin de trouver les cartes et timbres que je ferai parvenir à votre mari, mais elle ne connaît personne pour faire la confection des colis. Peut-être  pourriez-vous  écrire  de  ma  part   à   Mme MAYNA-Didier à Angoulême, chez le Dr GAQUIERE, qui vous fournirait l’adresse d’une personne de NIORT qui pourrait se charger de cette question de ravitaillement. Mr CLAISE n’a pas  encore été interrogé par Mr le Juge d’instruction. Sans vouloir vous alarmer outre mesure, je dois vous dire que l’opinion est ’’montée ’’ contre lui et qu’on lui reproche généralement d’avoir fait preuve à son poste de Directeur du S.T.O. de plus de zèle que l’officier allemand WIEMER qui au contraire, limitait le plus possible les départs en Allemagne. C’est vous dire que nous aurons vraisemblablement un fort courant à remonter pour éviter une condamnation trop forte et si vous connaissez des circonstances ou des témoignages qui seraient de nature à atténuer la responsabilité imputée à votre mari, je vous serai obligé de m’en faire part… 

Voyez à quel point c’était compliqué d’envoyer le minimum nécessaire à un prisonnier, à une époque où la France était en pénurie. Dans le style faux-cul inimitable des avocats on voit aussi tout l’art de faire semblant de proposer des solutions tellement alambiquées qu’elles paraissent sortir du cerveau d’un génie. Que de l’esbroufe ! L’art de faire du fric en vous refilant du vent.  Soixante ans après c’est le même cinéma.  

La justice n’a pas évoluée d’un neurone.

felicitations6.gif

J’imagine la force qu’il a fallu à ma Mamie adorée, seule femme de la famille qui m’a donné un peu d’affection, pour assumer les conneries ambiantes. Tous les comptes bancaires étant bloqués, sans argent elle doit s’occuper de ses quatre enfants dont ma mère fille célibataire. Le papy avec son grand sens de l’organisation et son goût du perfectionnisme, travaillait pour Hitler plus consciencieusement que les Allemands. C’est dire à quel point il devait aimer la discipline ! Ce qui fait désordre c’est que son avocat s’appelle DAVID ? C’est pour brouiller les pistes ? Pourquoi ma mère conserve ces lettres, témoignage  de   tant  d’horreur  et  d’apologie  du  racisme  Ma grand mère droite et fidèle attendra 7 ans que l’abruti sorte de taule. 

Le 14 juin 1945, le baveux écrit de nouveau : 

   barre49.gif

140645b.jpg 32.gif

barre49.gif

Madame, 

Aucun acte d’instruction n’a encore eu lieu à Niort à ma connaissance dans l’affaire de votre mari. Les témoins à charge, dont les déclarations  avaient été recueillies à Poitiers,  sont notamment : MM. LIGNE, commissaire de police à NIORT ; Lucien BURGER, demeurant à Angoulême, ex-commis d’ordre à la Direction Départementale de la main-d’œuvre à Niort; Lucien GRIMMER, ex-employé au S.T.O. actuellement gendarme à Niort. Ceux-ci incriminent l’attitude soi-disant pro allemande de Mr CLAISE qui aurait salué à l’hitlérienne les Officiers Allemands et aurait voulu « faire partir tout le monde en Allemagne  » Espérons etc.                                                                 Le grand père admirait l’ennemi qui est venu lui botter le cul ! Il devait être maso ?   On verras plus loin qu’il était plus pervers que çà. Du coup, grâce à lui toute la famille est interrogée par la police. Et incarcérée. Ma mère enceinte de moi est libérée le temps d’accoucher à l’hôpital. J’ai passé mon premier mois de prison dans le ventre de ma mère.  Coucou la sortie pour accoucher ! Puis remis en prison pour pouvoir téter le sein avec une cellule comme décor au réveil .Vous verrez que je suis marqué à vie par la prison. Ma tante, Suzanne, sténo dactylo auras moins de chance. Elle fera 3 mois en continu.

CITATION A PREVENU. 

 barre49.gif

citationaprevenu2.jpg 32.gif

barre49.gif

Inculpée d’atteinte à la sûreté extérieure de l’état. La demoiselle CLAISE Suzanne avoue avoir été inscrite à la Milice en Août 1943 mais il est probable qu’elle a subi l’influence d’un père autoritaire et violent. Elle n’a eu aucune activité n’as pas porté d’uniforme ni d’armes. Attendu qu’il résulte de l’exposé des faits ci-dessus qu’il existe à l’encontre de la demoiselle CLAISE Suzanne charges suffisantes d’avoir à AGEN en 1943/1944, entretenu en temps de guerre sans autorisation du gouvernement des relations avec les sujets ou les agents d’une puissance ennemie. Etc

                                                                                                                                        Suzanne est plus rebelle que les autres. Elle balance son père, en lui reprochant de lui avoir forcé la main. A l’époque à 25 ans on n’était pas autonome ?   Son frère Georges préfère signer pour l’Indochine, pour éviter le pain sec de nos accueillantes prisons. Aujourd’hui il refuse de me parler parce que j’ai fait de la prison. Les enculés ont la mémoire courte. Mon autre tante, Geneviève âgée de dix ans évite le déshonneur en allant vivre à Paris ou toute la famille veut se faire oublier de leurs exploits Agenais. Ma mère pas démerde du tout, alors qu’elle exerce la profession de sage-femme ne trouve pas les amis et l’argent nécessaire pour quitter un voisinage hostile qui la déteste d’autant plus que je suis né sans papa officiel ; être fille mère à l’époque était encore plus mal vu que d’être collabo. J’imagine étant tout petit les ondes négatives des voisins sur l’enfant du péché dont la famille envoyait des Français chez les boches. Les parents des autres enfants devaient leur dire de m’éviter, l’enfant de la honte. Non ! Les descendants ne sont pas responsables des conneries des parents ! Mon grand père , logé nourri à la centrale de Fontevraut, puis transféré à l’ île de RE , écrit pour réclamer des fromages, du beurre, du thon, du lait en poudre et de l’argent. Même un poulet, qui comme le reste devait arriver dans un drôle d’état vu la lenteur de l’acheminement. C’est la misère. Pour pouvoir correspondre la centrale fournit un formulaire guère plus grand qu’un télégramme, qui oblige à écrire petit et faire court en économisant les mots. Il y a quelques lignes ou il s’inquiète de moi. Ma mère qui devait partir en vélo pour faire des piqûres et des accouchements me laissait des journées entières seul, sans surveillance. Me sentant abandonné, après avoir beaucoup pleuré je lui ai dit  “  maman je te l’aime  “. C’est ma mère amusée, mais pas touché du tout qui me rappelle cette expression d’un bébé qui avait intérêt à manifester sa présence, vu qu’il devait sérieusement s’emmerder. Le goût amer de l’indifférence commence au berceau. Elle n’a jamais connue Françoise DOLTO et l’enfant roi. Sûrement qu’elle ne me confiait à personne ayant honte de montrer l’enfant pas désiré.

barre49.gif

lettre301146.jpg

barre49.gif

Le papy écrit ; tu as beaucoup de travail mais tu dois emmener Gérard avec toi quand tu vas faire tes piqûres en ville ? Ce qui est faux, elle manquait de travail et d’argent, les clients évitant ma famille comme la peste. Ma grand mère était sensée me garder mais sa fille trop peureuse voulait que sa mère l’accompagne. A 27 ans elle était incapable de s’assumer ! Elle a passé  sa vie à prier la vierge Marie, ce qui laisse de vilaines traces.
 Ce n’est pas en brûlant des cierges qu’on devient bon ou intelligent. Par contre çà l’a abrutie. Elle vois le danger partout, d’où sa phobie des étrangers. Les inepties de sa religion lui ont complètement fait perdre le sens des réalitées. Comme tous les illuminés qui ont besoins d’une béquille mentale elle est incapable d’avoir sa propre personnalité et ses critères de jugement. Le  comportement “catho” rend parano, égocentrique et  terriblement égoïste. L’inverse de ce qu’on devrait attendre d’une religion qui dit ” aimez-vous les uns et les autres”.

barre49.gif

310547.jpg32.gif

barre49.gif
Toujours en 1947 il écrit ; quand vous vous absentez toutes les deux la nuit Gérard reste donc seul ? Il ne peut pas être confié à n’importe qui ….etc. J’aurai préféré être confié à n’importe qui et avoir un soupçon de tendresse. Je leur pose beaucoup de soucis comme un paquet encombrant. Il cite mon père géniteur qui à l’époque est intendant à la centrale de Villeneuve sur Lot. Ce qui lui permettra de faire de juteux trafics avec les vivres des détenus. ‘’ Pour l’affaire FOUGEROUX, ayant été absent d’AGEN lorsque tous ces événements se sont passés, j’ignore quelles sont les responsabilités de chacun et quelles excuses cet individu peut fournir. Je crois comme toi dans la justice immanente et peut être que sa femme ne pourra pas avoir d’enfants à la suite de son accident. De plus, avec sa mentalité il vaut mieux qu’il n’ait aucun droit sur Gérard. On peut se passer de lui…. Ce Pierre FOUGEROUX, mon père que je ne rencontrerai  40 ans plus tard a envoyé un mandat à ma mère pour qu’elle se fasse avorter. Sa famille lui ayant proposé un mariage plus reluisant qu’une infirmière fille de collabo en prison. Pas maligne elle n’a pas gardé le talon du mandat. Ma grand-mère paternelle, une maîtresse femme s’est occupée de protéger son fils fautif, en influant fortement sur le tribunal pour que mon père ne soit pas obligé de me reconnaître.  La justice est pourrie mais l’honneur est sauf ! Il s’est débarrassé du bébé mais pas complètement. Il s’est vite marié en cachant la vérité à sa femme, qui s’est vue remettre par le facteur la convocation en appel pour recherche de paternité. Sans le vouloir j’ai mis le bordel dans la famille CLAISE et en même temps la famille FOUGEROUX qui semble noyer son chagrin dans l’alcool. Chez eux çà picole cul sec. Chacun sa religion. C’est d’autant plus excusable qu’ils ont des propriétés viticoles à COGNAC. Le souhait du détenu Raymond CLAISE que mon père n’ai pas d’enfant n’a pas été exaucé car il m’as fait deux sœurs. Le collabo qui passes son temps dans les églises en allant tous les après-midi aux vêpres faire l’enfant de cœur, se permet de souhaiter le malheur d’une femme qui a eue un accident. Je suis naïvement surpris que des croyants de tous bords respectent ses semblables uniquement quand çà les arrange. On vas à la mosquée le vendredi ou à l’église le dimanche et aussitôt sorti on fait les pires saloperies. Preuve que les religions ne servent à rien. Le papy devrait faire comme les Japonais qui attachent des papillons en papier aux branches des arbres morts à la sortie des lieux de culte, en y écrivant des mauvais sorts.

shomme24742.gif

De 1970 à 1975  je vendais par correspondance depuis  l’Allemagne des revues et des films super 8 pornos. Giscard d’ Estaing ayant décrété que la France entrait dans une société libérale avancée lâche du lest sur la censure. Les premiers romans photos avec pénétrations font le bonheur des sex shop .Je vois l’opportunité d’exporter légalement les films pornos libres depuis longtemps dans les pays nordiques. Le coffre de la Jaguar rempli de bobines je me présente à la douane de Strasbourg  pour payer les taxes. On me laisse payer les droits et frais divers, pour m’attendre à la sortie avec une paire de menotte. Je vous laisse juger de l’absurdité du comportement des douaniers. Pendant cinq ans de trafic, ils n’ont jamais pu me saisir une seule revue de cul et quand je légalise ils me saisissent la marchandise et la voiture. Pas très logique mais l’administration est irréfragable. C’est un mot barbare qui veut dire qu’elle a tous les droits. Même de me saisir de la marchandise légale. De quoi vous décourager d’être honnête ! C’est sùr qu’elle ne donnes pas le bon exemple. On le verra souvent dans mes conflits financiers. Un douanier qui a le sens de la simplification des calculs estime la marchandise échappée pendant cinq ans à 1 500 000 000 de FF. La somme est tellement disproportionnée qu’elle en est ridicule. Qui peux ou veux payer une somme pareille ? Ne sachant pas que le tribunal confirme toujours les sommes réclamées j’ai fait les frais inutiles de prendre un avocat. A Toulouse il y avait un COHEN qui soi-disant était bon puisqu’il était cher. Ce comique s’est ridiculisé devant la cour en jetant sa robe parterre pour la piétiner en sautillant dessus ; hurlant  ” ce que vous réclamez n’est que de la poudre aux yeux !  Je ne veux plus être avocat ! “  Grosses remontrances du bâtonnier et gros effets qui n’ont servis à rien. La somme reste due mais en plus je suis délesté pour des nèfles d’une somme conséquente. Par contre pour avoir l’intelligence de négocier avec la douane, que fait l’avocat ? RIEN ! Ce qui fait que je dois être le seul détenu de France à avoir fait un an de prison pour contrainte par corps. Il s’écoule cinq ans pendant lesquels l’avocat pense à vous uniquement quand il a des problèmes de fric. Par contre si vous avez oublié de négocier, passé ce délai légal, l’administration ne vous a pas oubliée. Un matin un car de police se gare devant mon entreprise pour m’embarquer sans aucune explication. Rebelle, je me suis sauvé par les toits. Je me réfugie chez mon avocat qui leur téléphone et finalement après une nuit de cavale je me présente au commissariat qui hypocrite me dit «  vous avez 1 500 000 000 de FF à payer ! AH! Oui ! Comment on fait, je peux vous faire un chèque ? C’est fou le nombre d’actions inutiles et de démarches farfelues que doivent faire les fonctionnaires. Les énarques concoctent les combinaisons les plus compliquées et alambiquées rien que pour les occuper. Chez eux le ridicule n’existe pas, pas plus que l’humain ou la bonne logique populaire. Et ça coûte très cher à ceux qui payent leurs impôts ; 50% de votre salaire si vous avez une bonne situation. 

craque.gif

 Je suis incarcéré à la rue des ROJA, un ancien monastère réquisitionné par Napoléon. Vu l’époque çà vous donne une idée de l’état des lieux. Le dortoir principal avec sa cour intérieure qui donne sur les anciennes chambres des sœurs, mal éclairée est une vraie coupe gorge. On est plongé au moyen âge avec les mêmes règles de rackets et d’intimidation. La même obscurité qui cache la crasse et les murs qui s’effritent. En 1980 les intellos du bizutage dans la catégorie voleur de mobylette découvrent que des plus évolues qu’eux, dealent des stupéfiants. Leur morale élastique se révolte contre ces trafiquants “ qui droguent nos enfants “. Les mêmes qui aujourd’hui vont faire leur marché par tonnes, au Maroc en prétextant que la fumette fait partie de leur culture. En tous cas à l’époque le revendeur de chichon, bien fringué se retrouvait en slip, avec obligation de cantiner pour le clan des donneurs de morale. Je me retrouve à la comptabilité, place réservée en général aux escrocs qui dans l’esprit des matons sont des gens qui savent compter. Effectivement le responsable est un gros mythomane qui fait croire qu’il a des pouvoirs surnaturels. Le soir les matons lui confies  la photo d’un proche qui est malade. Le matin il rend la photo en se plaignant d’avoir souffert toute la nuit, pour que la maladie entre en lui en quittant le malheureux. Il fait de la concurrence à Lourdes. Ce qui nous permet des petits avantages, comme le café, le poivre et mille petites choses aux quelles on ne porte pas attention quand on est libre. Tous les matins l’aumônier vient discuter avec moi en buvant un café. Il fini par me confier que ses ouailles viennent le voir uniquement pour de petits problèmes matériels. Une augmentation de salaire, un examen à passer, une vache malade, un loyer trop cher, un colis ou une lettre à faire passer à un détenu, mais jamais une ombre de foi ou encore moins de mysticisme. Il n’y a pas un individu qui pense à la religion à la dernière seconde de sa vie. Les infirmières qui accompagnent les mourants vous le diront toutes. Preuve que la religion est la plus belle escroquerie de tous les temps. Régulièrement je recevais des exemplaires de bouquins pornos que mon entreprise éditait. Mon directeur commercial passait le matin très tôt derrière les éboueurs. Il jetait les revues dans les poubelles vides empilées, récupérées par le détenu chargé de les rentrer. C’était en 1980, c’était gonflé ! Grâce à l’aumônier j’ai fait rentrer la première télé en prison. On a fait croire que c’était un don de ses bonnes œuvres. Une vielle télé noir et blanc avec des émissions à la con, mais c’était magique. Je ne peux pas rester longtemps sans agir. Il faut toujours qu’il se passe quelque chose qui bouge les habitudes. J’ai toujours en tête de retrouver Pierre FOUGEROUX, qui entre temps est devenu directeur de prison. Quitte à passer pour un mitho j’en parle à tous les matons. A mon grand étonnement un vieux gardien me confirme l’avoir eu comme supérieur. En ajoutant ’’ il est pas commode ‘’ Je prend espoir de le localiser puisqu’il est quelque part dans une prison. Je suis curieux de le voir. Pour savoir ou l’on vas il vaut mieux savoir d’où l’on viens. Les parents donnent les racines et aident à avoir les ailes.

1101.gif1101.gif1101.gif1101.gif1101.gif

 Alors que depuis six mois j’ai pris mes habitudes et près de mon entreprise pour la diriger à distance, je suis transféré à la Marguerite à Strasbourg. Ce nul d’avocat sans me demander mon avis à fait appel des 1 500 000 000 FF. Sûrement pour me redemander du fric, car c’est totalement inutile de faire appel. Il vaut mieux une prison pourrie , à la discipline catalane paternaliste , qui  permet d’ imposer vos habitudes, en grappillant des bribes de liberté ; que de se retrouver dans l’inconnu, obligé de refaire son trou en renégociant son espace vital ; dans une prison du nord à la discipline infantilisante.  Aujourd’hui c’est l’ENA qui s’est construit sur les ruines de la prison Margueritte. L’administration pénitentiaire a la mauvaise habitude de ne pas respecter les règles élémentaires d’hygiène. Le chauffage à air pulsé par de gros tuyaux destinés à des locaux industriels, renvoie dans les dortoirs et les ateliers un air extérieur enfumé irrespirable tellement pollué que le soir  le col de chemise est plus noir qu’une robe d’avocat. A l’époque le travail est obligatoire sauf pour moi, qui est la pour une contrainte par corps. Mais  je dois sortir le matin de l’immense dortoir pour aller à l’atelier comme tout le monde. Comme toutes les prisons prés des frontières beaucoup de trafiquants arrêtés par les douanes sont d’origines étrangères. Chacun écoute la radio dans sa langue d’origine, ce qui fait un concert inaudible plus éprouvant que relaxant. Tous les jours je fais des lettres pour les détenus, en général destinées au directeur. Pour n’importe quoi il faut écrire. Avoir une réponse c’est autre chose ! Même le dimanche matin il faut se lever à 6 heures pour aller passer la journée sur des bancs en bois dans l’atelier. Je trouve cet abus de pouvoir, d’une réglementation imbécile insupportable. Je prépare une révolte. A force de persuasion en allant d’un atelier à l’autre je sens que peu à peu les gars sont biens remontés et prêts à me suivre. Le jour ” J ” tout le monde refuse de sortir du dortoir. Ceux qui font mines de sortir sont sifflés et rattrapés. Ça a marché ! On a eu un dimanche de répit. Bien-sur j’ai été balancé comme meneur et convoqué chez le directeur. Pendant la leçon de morale dont j’avais rien à foutre, vu la façon débile que sont traités les détenus, j’ai glissé quand je l’ai vu faiblir  que  mon  père  aussi  était  directeur de prison. FOUGEROUX ? C’est moi qui le remplace. Il vient de nous quitter depuis peu. La piste est ténue, mais je la tien. A quelques mois prés je me retrouvai face à mon père. Par mesure disciplinaire je suis envoyé à Saverne dans une petite prison cellulaire pour les cas sociaux. La surveillance est étroite et toutes les semaines je suis convoqué chez le directeur. J’en profite au bout d’un moment,  quitte à passer pour un affabulateur pour dire que Fougeroux est mon père. Lui aussi me confirme son existence et plus bavard que les autres me dit que la famille a une propriété à Cognac et que j’ai une demie sœur , Annick, avocate à Paris. Avec peu de mots mon père prend forme. Instinctivement j’aime cet homme qui semble tellement me ressembler et qui m’a donné des gènes si puissants. Plus tard je déchanterai cruellement. Ma société, DEFI envoi des milliers de catalogues tous les mois, par la poste. Je suis le plus gros client du centre de tri . Un camion de la poste vient charger  à quai ; tous les soirs jusqu’à mille paquets . Un client, alors qu’il avait déjà commandé une poupée gonflable, a porté plainte offusqué par mon catalogue. Outrage aux bonnes mœurs ! Un magistrat sûrement pas débordé de boulot m’as fait convoquer à Paris. Mon casier judiciaire est farci de condamnations aussi débiles. Mon avocat de Perpignan ne tiens pas a aller si loin pour si peu. Je saute sur l’occasion pour qu’il contacte Annick Fougeroux comme avocate-relais et avoir un prétexte pour faire sa connaissance. Elle me défend très mal car pour un acte aussi normal que d’envoyer un catalogue à un client, je dois payer personnellement 7000 FF. Je voudrai voir la tête de l’abruti qui a commandé une poupée gonflable et qui a le culot de porter plainte pour un catalogue. Alors qu’il est plus simple de demander de cesser les envois. De toutes façon si les clients ne passent plus de commandes, on cesse les envois qui coûtent très cher. La justice et ce cas pathologique ne comprennent pas çà ? Il y a toute une frange de la société qui est incapable de comprendre les règles simples du commerce. J’ai beaucoup de frais pour rien mais je me rapproche de mon père. Et ç’a n’as pas de prix ! Ma sœur ne se doute de rien étant absorbée par les offres percutantes du catalogue. Je fini par lui avouer que je ne suis pas chez elle par hasard, que nous avons un peu le même sang , et que je voudrai connaître  mon géniteur. Elle me trouve effectivement une ressemblance et se souviens que sa sœur lui avait parlé d’un frère perdu de vue dans le sud. Mais prétextant un choc pour sa mère qui n’a jamais pardonné l’écart de conduite de son chéri, elle me propose d’attendre le moment propice aux retrouvailles. J’aurai du me douter qu’elle fait profession de raconter n’importe quoi, car un an après elle me demande toujours d’attendre. Elle a fait l’erreur de me dire qu’il habitait Royan. Devant faire un séminaire de leader et responsable à Sarlat je consulte le minitel et trouve l’adresse du coupable. Prenant mon courage à deux mains, car il en faut beaucoup, j’attend comme un con devant la maison de mon père. Je culpabilise. Ai-je droit après tant d’années d’aller le déranger ?  Vas t’il me jeter comme une merde ?   Je le cherche depuis tellement longtemps et je suis à 10 mètres de lui. Ce n’est pas le moment de flancher.    Qu’est-ce que je vais lui dire ? Je fais du porno, çà ne vas pas lui plaire ? En plus j’ai fait de la prison et il doit avoir eu des échos de mes exploits à Strasbourg. Mon cerveau s’enlise quand oh! Surprise l’avocate sort de la maison pour promener un petit chien en compagnie d’un ami. C’est lui qui cherche le plus à m’entendre et me comprendre. Il propose de me faire rencontrer mon père dans un café de la ville. J’attends une demie heure qui semble très longue et prolonge mon trac. A travers la vitre du bar je vois un homme avec une superbe chevelure blanche qui traverse la rue. Je sens qu’il me ressemble et je suis sur que c’est lui. Nous discutons pendant une heure formidable de véritable bonheur, sentant sa force et le confort extraordinaire d’être à coté d’un papa. Il me dit en vrac qu’un détenu lui a mis une mitraillette sur le ventre. Sûrement le seul exploit de sa vie. Qu’il a fait ses études avec Mitterrand, dans la même classe que lui, ce qui l’a emmené à avoir la carte 100 du parti socialiste. Ma famille étant d’extrême droite je comprend sa réticence à épouser ma mère. Par contre ce n’est pas la peine de se dire socialiste pour aider les autres alors qu’il n’a même pas aidé son propre fils. Le cœur à gauche, le porte monnaie à droite. J’ai eu deux grands moments de bonheur dans ma vie, c’est la rencontre de mon père et l’accouchement de ma fille. Des événements de cœur qui vous aident à grandir. Aucun n’as perduré. Rien ne dure mais là c’est court. Il me laisse l’espoir de le revoir et me demande de lui écrire. Je lui fais une lettre d’amour et d’admiration espérant le revoir discrètement sans bouleverser ses habitudes. Je suis bien conscient d’arriver un peu tard, mais avec la politique du mensonge et du non dit de ma famille, je n’ai pas pu arriver avant. Il ne m’as jamais répondu faisant preuve d’un grand courage. Un mois après angoissé n’ayant pas de réponse je lui ai téléphoné. J’ai eu un coup au cœur quand il m’a répondu qu’il ne tenait pas à me voir. Comment ne pas avoir envie de voir son enfant ? Ce n’est pas la peine de se vanter d’avoir eu une mitraillette sur le ventre pour être aussi lâche. Entre-temps j’ai cumulé mes actions “anti bourges” et mon casier judiciaire se noirci. Je ne suis pas fréquentable pour un fonctionnaire qui s’embourgeoise. Vingt ans plus tard en prison à Uzerche ayant le temps de réfléchir à ce passé je lui ai écrit. Une lettre d’amour et de pardon .Là il a dépassé les frontières de l’ignominie. Il m’as fait convoquer par la directrice de la prison pour qu’elle me fasses des menaces et du chantage, si je continu à lui écrire. Bien sur aucun chantage ne me fait peur car je n’ai rien à me reprocher. J’ai demandé à la directrice que s’il n’était pas de la maison est-ce qu’elle aurait fait autant d’histoire pour une simple lettre ? C’est là qu’on voit les abus de l’administration et des fonctionnaires comme mon père qui se croit tout permis aux frais du contribuable. Il ne savait pas comme ma famille qu’on peut publier ses mémoires et parler des ordures qu’on a côtoyées. Toi qui me lis si tu as subit les abus de ce directeur tyrannique ou encore mieux si c’est toi qui as eu les couilles de le faire pisser dans son froc avec une mitraillette sur le ventre, écris moi  car l’écriture du livre ne fait que commencer.   

111.gif111.gif111.gif111.gif111.gif111.gif111.gif

 image012.gifPour toute réaction m’écrire = gerard.menoud@dbmail.com

Laisser un commentaire